LA BRONZE : À LA RECHERCHE DE LA BEAUTÉ

La Bronze (Photo: Jean-Michael Seminaro Photographe)

 

La musicienne et commédienne cherche à faire frétiller les coeurs avec sa «poético-pop-rock-électro un peu trip-hop».

 

Jusqu’à l’automne 2015, la Québécoise Nadia Essadiqi avançait dans le milieu culturel à la vitesse de celle qui faisait les choses par étapes. À force de concerts dans les bars, dans les petites salles de spectacle et dans les festivals en tous genres, la jeune femme a élargi la portée de son univers musical, qui propose de la chanson pop et électro. Mais, coup de théâtre, la mise en ligne sur YouTube de sa reprise en arabe de la pièce «Formidable», du chanteur belge Stromae, a récolté un million de visionnements et a fait faire un grand bond en avant à sa carrière. Rencontre avec une artiste polyvalente à la recherche de la beauté.

 

Nadia Essadiqi a un souvenir d’enfance qui la fait bien rigoler. La femme de 29 ans, née au Québec de parents marocains, se souvient d’un moment où, à 5 ans, elle portait un gros casque d’écoute en bougeant la tête comme si du Black Eyed Peas jouait dans ses oreilles, bien avant le raz-de-marée de leur tube «I Got a Feeling». «On avait demandé à ma mère: “Mais qu’est-ce qu’elle écoute?” Et elle leur avait dit: “Ah, c’est du Édith Piaf.”»

 

Il y a dans cette anecdote l’essence de la musique de La Bronze, qui sur son premier disque, sorti en 2014, a livré des chansons à la structure classique, aux mots à fleur de peau, mais plongées dans un monde franchement pop, accrocheur, à la fois organique dans les percussions et synthétique dans les arrangements.

Son choix du nom La Bronze vient d’ailleurs en partie de cette apparente contradiction sonore. «J’aimais la sonorité, la poésie qui en découlait, dit-elle. “Bronze”, ça peut être quelque chose de métallique, de froid, de dur, et en même temps ç’a quelque chose de chaud et de glorieux. Je pense que j’ai des opposés en moi, et il y en a aussi dans ma musique.» (...) Au bout du fil, on la sent rigolote, emballée, énergique, passionnée, vive.

 

Créatrice autodidacte, elle compose ses pièces au piano. Pourtant, ce sont les percussions qui l’ont d’abord amenée à la musique. Les gens avec qui elle jouait au début de la décennie lui ont fait prendre conscience qu’il était possible de faire ses propres chansons «sans être Isabelle Boulay ou Céline Dion», mais plutôt en adoptant une voie parallèle, personnelle.

 

Sur scène, elle s’installe encore à ce jour devant divers instruments percussifs, dont elle martèle la surface vigoureusement. Peau de tambour ou peau tout court, ce qui vibre et palpite dans le corps et les sentiments humains intéresse La Bronze, dont l’album qui porte son nom comprend des titres comme «Explose-moi», «La jeunesse féline», «Mon cœur est fauve», «Ouvre-moi ton plexus bébé» ou «Je t’ai bu».

 

«Je m’intéresse au corps dans sa dimension sensuelle. Pas sensuelle dans le sens de sexy, mais plutôt par rapport aux sens, à la perception. C’est quelque chose qui m’attire et qui me nourrit beaucoup. Tout notre rapport à l’instinct, au moment présent… je crois que beaucoup de réponses à notre quête humaine se trouvent dans le corps.» (...)

 

 

«L’expérience humaine est vaste, j’aime sortir de ma zone de confort, essayer des choses, dit-elle. La vie est vraiment un terrain de jeux, je n’ai pas envie de vivre en camisole de force. Je veux juste plonger.»

 

Source : http://www.lactualite.com/culture/341687/

 

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